Dolce et Gabbana lance sa première collection de «hidjabs»

Dolce et Gabbana lance sa première collection de «hidjabs»

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Dolce & Gabbana a dévoilé sa nouvelle collection de hijabs et abayas de luxe à destination des femmes musulmanes. Une ligne surprenante qui suscite de nombreux débats entre respect des cultures et droits de la femme.

Dolce & Gabbana a révélé ce 5 janvier une nouvelle ligne un peu particulière. Il s’agit en effet d’une ligne de hijabs et abayas de luxe ciblés pour une clientèle aisée du Moyen-Orient. Raffinée et très réussie, elle révèle à nouveau tout le savoir-faire de la célèbre maison de haute couture italienne mais remet également sur le tapis de vifs débats sur les contraintes vestimentaires des femmes musulmanes.

Le hijab est un voile destiné à couvrir la chevelure tandis que l’abaya est une robe longue ne pouvant dévoiler que le visage, les mains et les pieds, cachant ainsi le corps dans son ensemble. Entre motifs fleuris délicats, dentelle noire extra fine et teintes chics de noir et de beige, force est de constater que la collection est particulièrement jolie. Elle allie en effet assez subtilement les tendances actuelles aux codes vestimentaires en vigueur pour les femmes musulmanes très pratiquantes.

Toutefois, il n’a pas fallu longtemps avant que la toile ne s’agite suite à cette collection inattendue. Si pour certaines le port du voile voire de l’abaya est un choix personnel et assumé de préserver son intimité dans le cadre d’un couple et de se détacher des diktats de l’apparence et du consumérisme, pour beaucoup de femmes cela reste une contrainte imposée et lourde de conséquences pour celles qui voudraient s’y soustraire.

La cible principale de Dolce & Gabbana se trouve en effet principalement dans des pays aisés et encore très conservateurs comme l’Arabie Saoudite où les femmes sont soumises à des règles strictes et fortement sexistes. Le port du voile n’y est pas une suggestion mais une obligation tandis que de nombreux droits leur sont retirés. Les internautes se demandent donc si une telle initiative n’est pas renier une condition encore très difficile pour la femme dans ces parties du monde au profit d’une rentabilité.

D’autres saluent l’audace et l’ouverture de tenir compte des différences culturelles et de rendre la haute couture plus accessible à d’autres cultures. H&M avait déjà emboité le pas en faisant poser sa première mannequin voilée pour sa dernière campagne, ce qui avait suscité de vives réactions. Alors, progrès ou régression ? Le débat reste entier.

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